{"id":1912,"date":"2022-12-11T09:45:09","date_gmt":"2022-12-11T09:45:09","guid":{"rendered":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/?p=1912"},"modified":"2022-12-11T09:45:10","modified_gmt":"2022-12-11T09:45:10","slug":"jeudi-11-decembre-1997","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/?p=1912","title":{"rendered":"Jeudi 11 d\u00e9cembre 1997"},"content":{"rendered":"<p>Joris a coutume de dire que les mouvements de cam\u00e9ra le d\u00e9rangent au cin\u00e9ma, \u00e0 cause des vingt-quatre images par seconde, qui sont insuffisantes\u00a0; au lieu de voir une continuit\u00e9,<!--more--> il voit des saccades, une succession d\u00e9sagr\u00e9able d&rsquo;images qui ne va pas assez vite pour ses yeux<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref\">[1]<\/a>. Je trouvais qu&rsquo;il exag\u00e9rait beaucoup (j\u2019en avais m\u00eame tir\u00e9 l&rsquo;argument qu&rsquo;une telle profession de foi \u00ab\u00a0r\u00e9aliste\u00a0\u00bb \u00e9tait contradictoire avec sa volont\u00e9 de rendre explicite la <em>repr\u00e9sentation<\/em> et la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9), mais j&rsquo;ai compris ce qu&rsquo;il voulait dire ce soir lorsqu&rsquo;on a vu ensemble <em>Le Go\u00fbt de la cerise<\/em>, le dernier film d&rsquo;Abbas Kiarostami\u00a0: pour l&rsquo;essentiel il se passe dans une voiture qui roule (un dr\u00f4le de huis clos\u00a0!), et les arri\u00e8re-plans qui d\u00e9filaient montraient bien ces saccades qu&rsquo;il d\u00e9crit\u00a0; c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9rangeant. C&rsquo;\u00e9tait encore plus net dans les plans de la route caillouteuse \u00e0 l&rsquo;avant de la voiture, pris du capot. \u00c0 l&rsquo;\u00e9vidence, une cam\u00e9ra qui tournerait beaucoup plus vite rendrait bien mieux la vision humaine, et donnerait des images d&rsquo;une bien meilleure qualit\u00e9. Je ne sais pas pourquoi \u00e7a ne m&rsquo;avait pas choqu\u00e9 plus t\u00f4t. Peut-\u00eatre parce que lorsqu&rsquo;elle effectue un mouvement, la cam\u00e9ra ne va en g\u00e9n\u00e9ral pas assez vite pour que \u00e7a devienne \u00e9vident, et qu&rsquo;il me fallait un d\u00e9filement plus rapide du d\u00e9cor.<\/p>\n<p>Par ailleurs (d\u2019autant qu\u2019on s\u2019habitue jusqu\u2019\u00e0 ne plus y faire attention), j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9 par le film. Dans les premiers moments, j&rsquo;ai craint de m&rsquo;ennuyer (ce qui n&rsquo;est pas contradictoire avec le fait de prendre du plaisir, malgr\u00e9 l\u2019opinion courante), mais m&rsquo;a peu \u00e0 peu envahi une satisfaction <em>si intense<\/em> que j&rsquo;aurais voulu applaudir \u00e0 tout rompre une fois la projection termin\u00e9e. Dommage que ce ne soit pas l&rsquo;usage. J&rsquo;avais beaucoup aim\u00e9 le premier que j&rsquo;ai vu il y a deux semaines, <em>O\u00f9 est la maison de mon ami\u00a0?<\/em>, mais je l&rsquo;avais un peu trop abord\u00e9 pour l&rsquo;exotisme \u2013 un film iranien, qui filme la campagne iranienne. L\u00e0, c&rsquo;est sans commune mesure \u2014 je ne sais pas trop bien pourquoi. Mais c&rsquo;est extraordinaire. Je ne dirai m\u00eame pas que c&rsquo;est un chef d&rsquo;\u0153uvre, le terme me semble soudain galvaud\u00e9. C&rsquo;est le meilleur film que j&rsquo;ai vu de l&rsquo;ann\u00e9e, au moins (du moins parmi ceux qui sont sortis cette ann\u00e9e)\u00a0; et qu&rsquo;il ait obtenu une Palme d&rsquo;or \u00e0 Cannes est plus que justifi\u00e9\u00a0: c&rsquo;est bien autre chose que l&rsquo;acad\u00e9misme de <em>La Le\u00e7on de piano<\/em> par exemple, ou que cet exercice de style brillant mais un peu vain qu&rsquo;\u00e9tait <em>Pulp Fiction<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref\">[2]<\/a>, pour ne citer que deux Palmes r\u00e9centes.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai dit que j&rsquo;ai mis du temps \u00e0 accrocher\u00a0: le d\u00e9but est bizarre. C&rsquo;est, pris depuis le si\u00e8ge du passager, un homme aux traits concentr\u00e9s et sombres qui roule en voiture dans T\u00e9h\u00e9ran, \u00e0 la recherche de quelque chose \u2014 ou plut\u00f4t de quelqu&rsquo;un, comprend-on\u00a0; il parcourt lentement les art\u00e8res, et regarde les hommes sur les trottoirs, qui spontan\u00e9ment viennent se proposer comme ouvriers\u00a0; il ne fait rien d&rsquo;autre que conduire, il ne parle pas, et on se sent un peu enferm\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9troitesse et la monotonie du cadrage\u00a0; lorsque pour la premi\u00e8re fois on a un plan de l&rsquo;habitacle pris depuis le capot \u00e0 travers le pare-brise, c&rsquo;est un vrai soulagement \u2014 et en m\u00eame temps \u00e7a passe presque pour une entorse intol\u00e9rable \u00e0 la rigueur du dispositif. Dans l&rsquo;ensemble, il y \u00e9norm\u00e9ment de plans serr\u00e9s, m\u00eame quand la voiture est prise en entier depuis l&rsquo;ext\u00e9rieur, elle est souvent plein cadre, et on a peu de perspectives d&rsquo;ensemble sur le d\u00e9cor\u00a0; c&rsquo;est oppressant, on a l&rsquo;impression de ne pas pouvoir respirer, ou se lib\u00e9rer. Comme lorsque l&rsquo;homme enjoint un interlocuteur de regarder quelque chose (le trou qu&rsquo;il a creus\u00e9 en contrebas de la route poussi\u00e9reuse) et qu&rsquo;on ne le voit pas, que la cam\u00e9ra demeure en plan subjectif adoptant son point de vue\u00a0: quelle frustration\u00a0! N&rsquo;importe quel autre film aurait inclus imm\u00e9diatement un plan de ce qu&rsquo;il demande au personnage de regarder\u00a0; mais pas l\u00e0. Qu&rsquo;on ne sache pas ce que cherche l&rsquo;homme, puis, une fois qu&rsquo;on a compris qu&rsquo;il cherchait quelqu&rsquo;un capable d&rsquo;effectuer une t\u00e2che particuli\u00e8re, qu&rsquo;on ne sache pas laquelle, cela aussi, produit un sentiment de malaise. Il arr\u00eate sa voiture pr\u00e8s des gens, ou les suit \u00e0 faible vitesse, baisse sa vitre, et les aborde sur un ton faux en leur posant des questions qui ont l&rsquo;air incongru\u00a0: est-ce un homosexuel en chasse d&rsquo;un partenaire\u00a0? (ce qui est d&rsquo;autant plus g\u00eanant que \u00e7a se passe en Iran)\u00a0; on se demande o\u00f9 cela va pouvoir conduire. Puis une fois qu&rsquo;il a jet\u00e9 son d\u00e9volu sur une premi\u00e8re personne et l&rsquo;a fait monter \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, on doit encore attendre un bon moment avant de savoir\u00a0: c&rsquo;est un jeune appel\u00e9, un militaire, \u00e0 qui il propose en pr\u00e9ambule de le d\u00e9poser \u00e0 sa caserne, puis qu&rsquo;il invite \u00e0 faire un tour, puisqu&rsquo;ils ont quelques minutes devant eux. Or le gar\u00e7on est timide, il ne r\u00e9pond que par bribes aux questions de l&rsquo;homme, et la conversation n&rsquo;avance pas, tourne en rond. Il faut dire que les questions sont bizarres\u00a0; et comme dans le reste du film, il s&rsquo;agit presque plus de litanie que de v\u00e9ritable parole ou dialogue\u00a0; d&rsquo;une voix neutre, l&rsquo;homme r\u00e9p\u00e8te inlassablement des questions qui tardent \u00e0 en venir au fait, puis r\u00e9p\u00e8te chaque r\u00e9ponse qui lui est faite sur le m\u00eame ton, pose \u00e0 nouveau la m\u00eame question, veut \u00eatre bien s\u00fbr. D&rsquo;ailleurs tout est litanie\u00a0; aussi ces couleurs d&rsquo;un ocre dont on ne sort pas<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref\">[3]<\/a>, aussi ces interminables lacets de la route, qui vont et viennent dans des collines artificielles, chantier apocalyptique et sans fin, qui n&rsquo;ont aucun sens et ne m\u00e8nent nulle part\u00a0; aussi cette pierraille qu&rsquo;inlassablement d\u00e9versent des pelleteuses et des camions et qui roulent le long des pentes en soulevant des nuages denses de poussi\u00e8re.<\/p>\n<p>Malheureusement, comme on a beaucoup parl\u00e9 du film (qui n&rsquo;est pourtant pas un grand succ\u00e8s public, si je dois en croire le peu de monde qu&rsquo;on \u00e9tait dans la salle quoique ce ne soit que sa troisi\u00e8me semaine), je savais ce que cherche l&rsquo;homme\u00a0: il cherche quelqu&rsquo;un qui accepte, contre beaucoup d&rsquo;argent, de venir l&rsquo;ensevelir apr\u00e8s qu&rsquo;il se sera suicid\u00e9. C&rsquo;est bien dommage. Le film tourne tant autour du pot avant qu&rsquo;on comprenne que c&rsquo;est de \u00e7a qu&rsquo;il s&rsquo;agit \u2014 et lorsque le jeune militaire le comprend, il prend la fuite en d\u00e9valant la colline sans demander son reste \u2014 que de le savoir \u00e0 l&rsquo;avance en amoindrit l&rsquo;impact. Si tant est qu&rsquo;on le comprenne vraiment\u00a0: la demande est si bizarre. S&rsquo;il veut <em>vraiment<\/em> se suicider, pourquoi faire appel \u00e0 quelqu&rsquo;un pour le faire encore dispara\u00eetre\u00a0? \u00e0 quelqu&rsquo;un qui ne pourra que tenter de l&rsquo;en dissuader, quoiqu&rsquo;il veuille y demeurer imperm\u00e9able. Pourquoi, si ce n&rsquo;est pour, justement, en \u00eatre dissuad\u00e9 malgr\u00e9 lui\u00a0? Toutes questions auxquelles Kiarostami n&rsquo;apporte aucune r\u00e9ponse, mais qui laissent transpirer sa critique de son pays\u00a0: la seule personne aux arguments duquel l&rsquo;homme semble se montrer sensible (et c&rsquo;est bien s\u00fbr le dernier qu&rsquo;il rencontre\u00a0; aussi le seul qui a accept\u00e9 le march\u00e9), ce n&rsquo;est pas le s\u00e9minariste avec son br\u00e9viaire religieux et moral, c&rsquo;est le <em>vieil<\/em> homme \u00e0 moustache en guidon de v\u00e9lo qui lui raconte simplement comment lui, il y a longtemps, a renonc\u00e9 au suicide au moment de jeter la corde sur la branche \u00e0 cause du go\u00fbt doux et sucr\u00e9 d&rsquo;une m\u00fbre qui avait pouss\u00e9 justement sur cet arbre o\u00f9 il comptait se pendre\u00a0; qui d\u00e9fend un h\u00e9donisme simple. Apr\u00e8s ce long monologue du vieux, qui d\u00e9bute par une ellipse brutale et \u00e9trange sur l&rsquo;instant de leur rencontre (tout le d\u00e9but du film est en temps quasi r\u00e9el<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref\">[4]<\/a>), et qui se termine apr\u00e8s des tours et des d\u00e9tours infinis et impr\u00e9vus dans la poussi\u00e8re lorsqu&rsquo;il le d\u00e9pose \u00e0 son travail, il y a une des sc\u00e8nes les plus fortes du film\u00a0: l&rsquo;homme revient, appelle le vieux et lui demande\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand tu viendras demain matin pour m&rsquo;ensevelir, tu ne feras pas que m&rsquo;appeler, pour savoir si je suis encore vivant. Tu jetteras sur moi deux petits cailloux\u2026 Peut-\u00eatre que je serai simplement endormi\u2026<\/p>\n<p>\u2014 Deux cailloux, ce n&rsquo;est pas assez, r\u00e9pond le vieil homme en le regardant droit dans les yeux. J&rsquo;en jetterai trois.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9loge de la droiture et de l&rsquo;humanit\u00e9. Ensuite l&rsquo;homme accepte de prendre en photo un jeune couple, avec l&rsquo;appareil que lui tend la jeune femme\u00a0; je crois que c&rsquo;est la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il abaisse de fa\u00e7on nette la vitre de sa porti\u00e8re\u00a0; c&rsquo;est aussi la seule fois o\u00f9 l&rsquo;on voit une femme. Le film ne dit pas si l&rsquo;homme se suicide ou non, il se termine avant, mais on sent que le vieil homme a su avoir (un peu) raison de ce d\u00e9sespoir dont il ne veut rien dire, \u00ab\u00a0parce qu&rsquo;on ne comprendrait pas\u00a0\u00bb, et qui ressemble plus \u00e0 une sombre d\u00e9termination \u00e0 agir qu&rsquo;\u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p>Le film se termine avant, et par cette s\u00e9quence inattendue en vid\u00e9o (en fait Kiarostami a film\u00e9 un \u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision diffusant les images), mise en abyme o\u00f9 l&rsquo;on voit l&rsquo;\u00e9quipe terminer de tourner un plan. Je ne sais pas du tout quoi en dire, ni si c&rsquo;est audacieux, puisque, para\u00eet-il, il a d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 plusieurs fois ce proc\u00e9d\u00e9 dans ses films pr\u00e9c\u00e9dents. C&rsquo;est en tout cas, d&rsquo;un simple point de vue formel, surprenant, et \u00e0 la fois d\u00e9stabilisant et profond\u00e9ment <em>naturel<\/em> \u2014 si ces sentiments contradictoires peuvent coexister (et je pense que la marque d&rsquo;une grande \u0153uvre est notamment de r\u00e9ussir \u00e0 faire coexister chez le r\u00e9cepteur des \u00e9l\u00e9ments non seulement complexes mais contradictoires)\u00a0: on ne <em>comprend<\/em> pas bien, mais le <em>sent<\/em>, et l&rsquo;accepte. C&rsquo;est un film qu&rsquo;on <em>accueille<\/em> en soi et qui dans l&rsquo;instant nous construit, donne des perspectives nouvelles et la certitude que c&rsquo;est celles-l\u00e0 qu&rsquo;on attendait. Cela m&rsquo;a assailli \u00e0 de nombreux moments, et souvent sur des plans pr\u00e9cis\u00a0: celui, par exemple, qui pr\u00e9c\u00e8de cette s\u00e9quence finale, un \u00e9cran noir de plusieurs minutes, cr\u00e9ateur d&rsquo;une tension incroyable et d&rsquo;une grande paix, \u00e0 peine z\u00e9br\u00e9 dans ses premiers moments des \u00e9clairs d&rsquo;un orage\u00a0; celui o\u00f9 un avion \u00e0 r\u00e9action passe dans le ciel au loin et o\u00f9 le r\u00e9alisateur attend qu&rsquo;il ait fini de passer pour couper\u00a0; celui o\u00f9 des pierres et de la terre tombent sans discontinuer sur le tamis d&rsquo;une machine qui a l&rsquo;air de les trier (on ne sait pourquoi \u00e0 nouveau)\u00a0; celui o\u00f9 un camion d\u00e9verse des pierres sur un tas et o\u00f9 le plan les laisse d\u00e9valer la pente jusqu&rsquo;au bout\u00a0; etc. Ce qui rend ce film si chaleureux, si profond\u00e9ment humain et r\u00e9jouissant, malgr\u00e9 l'(apparente) noirceur de son th\u00e8me, c&rsquo;est qu&rsquo;il prend le temps de <em>regarder<\/em> les choses, de les laisser venir \u00e0 lui\u00a0; d&rsquo;y restituer la dimension de l&rsquo;homme. Et ses r\u00e9sonances \u2014 quoique je ne parvienne pas bien \u00e0 d\u00e9terminer en moi quelles elles sont \u2014 sont profondes. Elles semblent se ramifier, s&rsquo;enfoncer encore \u00e0 mesure que les heures passent.<\/p>\n<p>Ensuite, lorsqu&rsquo;on a \u00e9t\u00e9 au Saguaro, j&rsquo;ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 Sonia. Elle nous y a rejoint. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref\" name=\"_ftn1\"><\/a> [1] Il m&rsquo;a dit ce soir que ce jugement lui venait des Straub, qui ne font en cons\u00e9quence aucun mouvement de cam\u00e9ra dans leurs films.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cin\u00e9ma qui ne trouvait que dans le cin\u00e9ma ses r\u00e9f\u00e9rences. Rigolo, mais limit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Sauf lors de la surprenante s\u00e9quence finale en vid\u00e9o, ou tout ce qu&rsquo;on avait vu ocre et poussi\u00e9reux a d&rsquo;un coup l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre herbe verdoyante.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Comme plusieurs fois ailleurs dans le film, on est projet\u00e9 brutalement dans quelque chose qu&rsquo;on ne comprend pas, puisqu&rsquo;on n&rsquo;entend cette voix nouvelle, en d\u00e9calage spatial avec l&rsquo;image (la grosse Range Rover \u00e9tant prise en plan large), et qu&rsquo;il se passe un bon moment avant que la cam\u00e9ra ne revienne dans la voiture et qu&rsquo;on voie enfin ce nouveau personnage.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe title=\"Le go\u00fbt de la cerise (1997) bande annonce\" width=\"584\" height=\"438\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/mIsQkI-ZMw8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Joris a coutume de dire que les mouvements de cam\u00e9ra le d\u00e9rangent au cin\u00e9ma, \u00e0 cause des vingt-quatre images par seconde, qui sont insuffisantes\u00a0; au lieu de voir une continuit\u00e9,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1912","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notesxv"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1912","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1912"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1912\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1913,"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1912\/revisions\/1913"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1912"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1912"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/neigeinterieure.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1912"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}