Ça ne part pas ; d’où peu d’efficacité au travail. Après-midi et soirée en entier pour préparer un cours sur Saussure — au demeurant peu convaincant. Ce matin, sorti « faire les soldes », rattrapé par la rage consumériste (à ma mesure). Deux chemises et deux pantalons à Springfield rue Crébillon (qui doit être un magasin espagnol, malgré son nom) : dans le style néo-ringard à la mode maintenant ; des années, en tout cas, que je n’avais acheté autre chose que des jeans. La mode m’a saisi, sans doute, mais c’est peut-être un signe de mon vieillissement. Puis une floppée de disques à la FNAC, dont l’album d’Anjali, sorte de trip hop pimenté de big band jazz et de sonorités indiennes samplées, qui m’a séduit à l’écoute — je sais bien pourtant, que ce n’est pas pour autant que je l’écouterai beaucoup ; mais j’avais envie d’être tenté.
Le petit jeu du chat et de la souris que j’ai commencé avec Berry paraît marcher au-delà de toute attente. Échanges de mails pleins de sous-entendus. Mais je ne crois pas avoir envie d’assumer plus qu’un jeu — ça me fait très bizarre de penser à elle dans une perspective érotique, quand je la connais (assez) intimement depuis dix ans comme amie.
Un peu de lecture de Biffures de Michel Leiris tous les jours. Je trouve ça pesant en fait. De décortiquer, ainsi qu’il le fait, sur des pages et des pages, les associations de mots qui lui viennent à l’esprit, la façon dont il mythifie, me semble leur faire perdre tout intérêt à la longue. À nous dévoiler trop des règles de son jeu, à la fois il nous en exclut et nous le rend lourdement transparent. Aucun humour, aucune légèreté là-dedans (du moins dans ce chapitre « Alphabet » où je suis).