Écrit encore « 2001 » avec naturel en tête, voire un certain plaisir. Je n’arrive plus, en revanche, à y adjoindre « Nantes ». Soit que l’influence du Journal de Jünger ait fait long feu sur moi (il précise toujours l’endroit d’où il écrit), soit que la sempiternelle répétition du même Nantes ait fini par me sortir par les yeux. Mais en fin d’année dernière, c’est même le millésime qui me semblait d’une insupportable lourdeur. Il faudrait mettre juste ce qui me passe par la tête au moment même, comme je l’ai fait parfois ; mais pour ça, il faut que les vannes de l’esprit soient ouvertes. Les miennes sont passablement bouchées depuis quelques temps. Toujours malade, toujours aussi peu d’entrain au travail. Trois heures et demie passées et je ne m’y suis pas encore mis (ça ne devrait tout de même plus tarder).
Passant rue de la Marne, croisé Melpomène et Emma Peel qui sortaient de Decré. Melpomène s’est empressée de m’inviter à monter avec elles. Rejoints par Yamina. Assis avec elles dans la cuisine, je n’ai pas fait grande figure : mais me suis aussi ennuyé. Société qui ne m’apparaît plus très glamour. J’aime bien Emma Peel, avec son léger seveu sur la langue, ses traits toujours tirés ; mais je ne sais jamais trop quoi lui dire. Petit garçon face à une amie de Maman — quelque chose comme ça. En revanche, Melpomène est superficielle, trop centrée sur elle-même — ses empressements en deviennent de pure forme ; et Yamina, vêtue strictement, petits mollets ronds entre la jupe de laine sous le genou et les talons hauts, est conventionnelle ; froide — enfin, elle, je ne la connais que comme ça. Elles ont regardé des photos de leur réveillon. Une de Florence. Je l’ai trouvée d’une incroyable fadeur (et ce n’était pas un des pièges de la photographie).
Soirée : sans intérêt.