Mercredi 31 janvier

Fatigue intense, proche de l’insoutenable — dormir devenant presque la seule possibilité. Pourtant allé au concert Apo 33 de A Silver Mt Zion, Canadiens de Montréal par ailleurs membres (pour certains) de Godspeed you black emperor! Belle musique (pleine de piano et de cordes lancinantes) ; très perfectible cependant. Man en première partie, les Nantais que j’avais trouvé si médiocres sur disque : c’était plutôt convaincant à voir, avec de très bonnes interactions piano/batterie, et un bon pianiste (qui semble sympathique, qui plus est, lorsqu’il joue[1]). Une bonne manière, finalement, de chercher un compromis, ou une voie, entre musique populaire et musique d’inspiration savante (loin, cependant, des recherches radicales) ; et agréable à écouter. Le seul élément qui pèche, c’est le bassiste : il fait perdre deux divisions à l’ensemble avec son manque de finesse. Il joue d’ailleurs tellement peu qu’il a presque l’air de s’excuser d’être là. Soirée guère expérimentale — mais je n’aurais pas supporté plus. Je traîne une fatigue profonde depuis longtemps, mais l’après-midi s’est passé en plus (après une matinée à faire passer des oraux à la fac : une première pour moi) à terminer le dossier de vidéO3, avec un Ermold plus vitupérant que jamais, plus prompt à défaire le peu de confiance que j’ai en moi au sujet de nos activités — il risque de m’en faire perdre totalement le goût, même, vu que je n’ai jamais su trop pourquoi j’y étais. Je sens tellement son emprise délétère sur moi, comme celle d’un père qu’il faudrait tuer pour avancer, et qui m’embrigade justement dans ses projets (jusqu’à celui de cesser les sorties à tout-va, en fait) pour m’empêcher de sortir de son influence. Il faudra bien le faire, sinon il va me faire crever. Pour le moment, j’en suis encore — du moins dans les moments où je ne flippe pas trop — à penser que je pourrai le faire à l’intérieur (vu qu’abandonner l’asso serait une fois de plus fuir les responsabilités de la réalité), mais ça ne durera peut-être pas ; j’en suis même à espérer un événement tellurique qui m’en éloignerait sans que j’aie à en prendre la décision, comme d’habitude. Mais c’est bien le signe que la situation ne durera pas longtemps comme elle est.

J’aurais bien aimé, mais les deux jours à Méliniac avec Joris ne m’auront pas fait grand bien ; je n’ai fait qu’y accumuler du sommeil en retard. D’ailleurs, c’est à peine si je me suis arrêté pour regarder la mer mardi matin une fois revenu d’avoir conduit Joris au Croisic.

[1] J’en ai tellement entendu sur lui, notamment par Florence, que je m’en faisais une mauvaise opinion.