Lundi 5 février

Pluie encore ; toute la journée. Médiocrité des jours qui ont précédé ; lassitude de mon entourage, de mes repères comme autant de barrières. Dimanche à dormir la tête lourde, à transiger, indirectement, entre Marie-Charlotte et Ermold le Noir, pris au milieu d’un problème qui n’est pas le mien — et sous une pluie battante encore ; samedi à faire la vaisselle et manger tard, à m’ennuyer à la Park Galerie, pleine comme un œuf de cafards de l’art contemporain, de ces gens avec qui je n’ai plus envie de frayer — et avec qui je n’ai d’ailleurs jamais vraiment frayé, puisque la plupart ne me reconnaissent même pas (mais maintenant, je m’en fous) ; à boire beaucoup chez Bérengère pour me désennuyer (ce qui n’a conduit qu’à me la faire sottement désirer ; vendredi à trouver le Flesselles sinistre, à écouter de jeunes imbéciles prétentieux faire de la « poésie contemporaine » affligeante à l’Olympic après une journée complète d’oraux à la fac. Rien d’enthousiasmant. Il faudrait que le temps s’arrête un mois, pour que le retard dans ma thèse cesse de s’accumuler (je n’ai plus le temps de m’y mettre ces temps-ci, et je n’arrive plus à avoir la tête à ça), et puis, d’abord, il me faudrait changer d’air.