Mardi 6 février, Nantes

Passé chez Philippe et Manue à l’issue de mon cours hier soir, sur leur invitation. Y avaient dîné Joris, les yeux un peu éclatés, et très batailleur en conversation, ainsi que Lionel. Sur la fin, discuté de Loïc, qui chie dans la colle. Nous sommes tous persuadés qu’il ne fait pas prendre une bonne direction à son activité de chanteur, peut-être par manque de maturité. Il refuse les circuits de l’underground (tant pour les disques que pour les concerts), et s’obstine à un perfectionnisme dont il voudrait qu’il fasse de lui (du moins peut-on le penser) un autre Philippe Katerine ou Dominique A : mais il n’a vendu qu’à peine cinq cents exemplaires de son album… malgré les chroniques élogieuses dans les Inrocks, Magic ! et Télérama. C’est triste, mais il donne l’impression de ne pas voir qu’il se saborde.

Philippe s’est (enfin ! cela ne lui arrive qu’une fois ou deux par an) fait couper les cheveux, et de la ressemblance avec un savant fou ou un violoneux des campagnes possédé, il passe à un net air de Martin Gore en 1983, ou à un membre d’Orchestral Manœuvre, avec ses lunettes à grosses montures et la mèche rebelle sur le devant de son crâne qui retombe en ondulation sur son front dès qu’il fait un mouvement un peu rapide.

Ce matin, acheté, avec des cadeaux pour l’anniversaire de Mady (les parents vont chez elle ce weekend, et l’invitent à dîner dans un grand restaurant à Béthune pour le fêter), aussi Consolation de la philosophie de Boèce.