Je pense avoir raison de peu mentionner l’actualité dans ces notes ; d’abord parce qu’elle ne me concerne pas en propre en général, qu’il ne s’agirait que de reprendre ce qui constitue certes, pour une part, mon environnement de tous les jours, mais n’en est pas moins un inessentiel bruit de fond qui ne me parvient que par des médias que je n’apprécie pas tellement ; ensuite parce que j’imagine que le faire ne pourrait qu’encore développer ma tendance moralisante et même moralisatrice (je ne sais pas comment m’en débarrasser) — ça doit être ce que font les personnalités qui publient leur journal de l’année, pour la plupart. Je fais assez de philosophie à deux balles comme ça. Je préfère supposer que l’intéressant dans l’époque, et n’est d’ailleurs que rarement ce qui fait le fonds de commerce de la presse ou des discussions de tous les jours au café puisque ce ne sont pas les événements en eux-mêmes, ressort de quelque manière dans mes propos, sans même que je m’en rende compte — du moins dans ce secteur de l’époque qui me concerne (et qui n’est jamais que très limité, même si mon monde n’en est pas moins complet). Ce qui constitue le commun de la presse très grand-public est d’ailleurs souvent lamentable, au-delà du fait que ce qui se passe à droite-à gauche sur la planète n’est souvent pas reluisant — et là je pense en particulier aux journaux de France Inter, que j’aimais pourtant plutôt auparavant. Si j’avais une sélection automatique des stations, j’écouterais celui de France Culture, plus sérieux (je le fais en voiture). Mais je suis trop feignant pour chercher la fréquence avec la molette.
Il y a au moins une bonne nouvelle ces temps-ci, c’est la chute de la bourse. Le CAC 40 (l’indice principal de Paris) est aujourd’hui sous les 5500 points, quand il a frôlé (comme disent les commentateurs) les 7000 en septembre. Je crois qu’il avait déjà terminé l’année 2000 en baisse par rapport au début, mais depuis janvier 2001, il a encore perdu dans les 7%. Et je ne parle pas de l’indice des valeurs technologiques — appelé du nouveau marché, presque comme Nouveau monde, qui se révèle une belle baudruche — il a encore perdu 17% depuis le début de l’année. Même chose, ou à peu près aux États-Unis. Tout ça fait bien plaisir. Après le mouvement de chute des start-up à l’automne (leur disparition pure et simple dans bon nombre de cas), ce sont même les entreprises de l’industrie « traditionnelle » qui quittent la bourse pour certaines, ai-je lu dans Le Monde en fin de semaine dernière. Peut-être finira-t-on par moins nous rebattre les oreilles avec ces stupidités cupides.
Une mauvaise : la commission de Bruxelles menace la législation française sur le congé de maternité (qui est de seize semaines, dont huit obligatoires, et qui interdit que soit licenciée pendant sa grossesse une femme enceinte : le minimum) : elle entend le ramener à quatorze semaines, et surtout, à n’en rendre plus que deux obligatoires, ainsi qu’à ne pas empêcher les licenciements de femmes enceintes. Après le travail de nuit des femmes, la tendance générale à la précarisation, on est vraiment bien parti…