Jour conforme au précédent. Je suis miné, sapé de l’intérieur. Vie végétative.
« Je le crois : seule l’épreuve suffocante, impossible, donne à l’auteur le moyen d’atteindre la vision lointaine attendue par le lecteur las des proches limites imposées par les conventions. Comment nous attarder à des livres auxquels, sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ? »
Me suis laissé traîner dehors ce soir encore, sans aucune espérance de quoi que ce soit, par grégarité, par habitude, sans attendre de plaisir, de plaisir autre que d’éviter le déplaisir d’être seul à ma table de travail. Une plongée, à nouveau, dans les tréfonds de nos personnages, avec Isabelle et le baron noir, plus sombre encore qu’à l’accoutumé, pâle et les yeux explosés. Il cherche à m’entraîner avec lui dans sa chute. Mais ce n’est pas de ça que je veux, je suis beaucoup plus positif. J’avais cependant du mal à résister. Un moment à les écouter déblatérer de malheur tous les deux, moi les yeux perdus, fatigué, baillant à m’en décrocher la mémoire, j’ai été l’enfant qui s’endort à la table où se tient une conversation d’adultes à laquelle il ne peut pas participer. Peu après, je me suis repris un peu. Je ne dois pas me laisser influencer par Ermold, qui ne rêve que de manier les autres comme des marionnettes.