Une fois couché, la lecture du début de la Chronique japonaise de Nicolas Bouvier m’a revigoré, tant par la finesse légère de l’écriture que les aperçus qu’il y donne d’une mentalité japonaise un peu moins axée que la nôtre (la mienne) sur la culpabilité, le péché — et donc l’horizon de pureté (ou de puissance) absolus qui sont l’illusoire façon de s’en extraire pour un esprit encore imprégné de cette culture mais point trop imprégné de religion. Se satisfaire de son action, à quelque niveau qu’elle se situe (du moment que l’on fait « de son mieux »), ainsi que du spectacle du monde… Escalader sa propre montagne sans vouloir attaquer d’abord celle des autres.
Mais j’ai remarqué, en parcourant les chapitres précédents de ces notes, que cette période de l’année ne m’était que rarement favorable depuis un moment, et que j’avais déjà écrit à peu près à la même date ce que j’écrivais hier. Et j’ai tout de même dormi comme une souche jusqu’à midi passé, alors que j’ai eu la veille quinze ou seize heures de sommeil.