Un peu déprimé toute la journée — enfin si l’on peut parler de journée, puisqu’elle n’a commencé qu’à quinze heures. Ce soir, je n’ai pas voulu sortir, je me suis dit que j’allais rester travailler. Mais il y avait une fête à quelques immeubles de là dans la rue, et l’intensité du son était telle qu’il était très difficile de se concentrer. Ça a fini par me faire chier au point que j’ai failli descendre pour leur dire d’arrêter (il faut dire que dans la maison voisine déjà, à ma hauteur, un appartement est occupé par de jeunes beaufs que j’alignerais bien contre le mur : ils passent leur temps, ces dernières semaines, à écouter des merdes super fort la fenêtre ouverte (et avec la réverbération des parois d’en face, ça devient vite insupportable). Ce n’étaient pas les mêmes, j’ai donc renoncé, me disant qu’on avait bien le droit de faire un peu de bruit de temps en temps, même si cette fois ça me gonflait vraiment. Et quand une camionnette de gendarmes est arrivée pour les sommer d’arrêter, j’ai eu ce bon vieux réflexe anti-forces de l’ordre qui me les a fait immédiatement détester comme les participants de la fête ont dû le faire. Heureusement que je n’ai pas agi avant, même si la rue est maintenant bien plus calme. Enfin maintenant j’en ai marre, je vais aller me coucher, et lire un peu de Typhon de Conrad. Toujours déprimé, malgré mes efforts.
Je crains que cet état ne soit lié au fait que je n’ai pas pris d’antidépresseurs entre hier midi et aujourd’hui dix-sept heures. Ça me plombe de devoir prendre ces trucs. Je sais bien que je suis dans une période où le stress me mine, mais c’est nul d’en être rendu là… (même si ça ne va pas s’améliorer d’arrêter, et que mon travail est dans une grosse passe de stagnation). Si je n’ai pas pris de médicaments, c’est que j’ai passé la soirée dans la maison des parents de Bérengère au Pont, où elle nous avait invités, et qu’ensuite j’ai dormi dans la maison des miens, puisque c’est à cinquante mètres (heureusement, ils n’étaient pas là). Soirée dont je n’ai pas tiré un plaisir particulier, si ce n’est celui de voir Bérengère, et, surtout, finalement, Sterenn (c’est breton), la dernière d’Arnaud et Sophie, que je n’avais pas encore vue, quoiqu’elle ait déjà deux mois, la charmante petite Pauline, très rigolote du haut de ses trois ans, et Clémence, le tout petit bébé d’Adeline et Fred, vraiment un tout petit truc, juste de la taille d’un bébé à la naissance, alors qu’elle a déjà plus d’un mois. Je l’ai longuement tenue dans mes bras, je la berçais pour qu’elle ne pleure pas, c’était très touchant.